5 janv. 2011

La dette Espagnole et la Chine

La dette Espagnole et la Chine

Li Keqiang, le vice-premier ministre chinois, réalise une visite de 3jours en Espagne, pour manifester son soutien financier au pays. La Chine est déjà le plus important détenteur étranger de dette espagnole.

Ce n'est plus des USA ni même de l'Europe que l'Espagne attend son salut, mais de la 2e puissance mondiale le Chine




La Chine a publié une longue tribune dans le quotidien El Pais, dans laquelle il s'engageait à continuer d'acquérir la dette publique espagnole. Une excellente nouvelle pour Madrid, qui paie chaque mois des taux d'intérêt plus élevés pour se financer. En décembre 2010, les obligations à 10 ans ont trouvé preneur à 5,49 % et celles à 15 ans à 5,97 %. Des taux inédits depuis l'an 2000.

La Chine tire un double avantage de son investissement en Europe. D'une part, elle place ses excédents commerciaux à un taux rémunérateur, sans prendre de risques excessifs. L'Espagne et ses 4,1 millions de chômeurs sont certes très durement touchés par la crise, mais la dette publique plafonne à 57,7 % du PIB.

La chine critiqué pour sa politique monétaire, fait valoir sa capacité à stabiliser l'économie européenne. Après avoir soutenu les dettes de la Grèce et du Portugal, les Chinois se montrent disposés à aider l'Espagne.

Quel sera l'impact de ces achats sur les marchés, alors que le Trésor espagnol doit émettre cette année 192 milliards d'euros. La Chine détient actuellement 43 milliards de dette espagnole, soit 10 % des titres en circulation, contre seulement 5 milliards il y a deux ans. On ignore tout des quantités de dette que la Chine serait prête à racheter : Li se montre très discret.
Stratégique financièrement, la visite de Li sera également l'occasion de signer d'importants contrats. L'énergie, les transports, le tourisme ou encore l'industrie agroalimentaire sont les secteurs qui intéressent le plus Pékin.

Quel sera le prix de la générosité chinoise ?

Le gouvernement espagnol croit savoir que la Chine recherche un allié en Europe. «Ce rapprochement économique est un geste positif. Mais il ne doit pas se faire aux détriments des droits de l'homme ou de l'environnement», estime Richard Youngs, directeur exécutif du cercle de réflexion FIDE. Il est vrai que la passion soudaine de Pékin pour Madrid a de quoi surprendre.

Pour le moment, la relation entre les deux pays est ténue : l'Espagne ne représente que 1 % des investissements directs à l'étranger de la Chine. Un dernier risque existe dans ce rapprochement. «Il ne suffit pas de vendre des jambons à la Chine pour sortir de ­la crise. Les réformes en cours doivent être poursuivies pour construire un nouveau modèle ­économique», avertit Richard Youngs. «Mr Li» est le bienvenu, mais il ne résoudra pas à lui seul les problèmes structurels de l'économie espagnole.
source le figaro


Stratégie Chine

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